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Agrément CIR : à quoi il sert, comment vérifier votre sous-traitant, et ce que vous perdez sans lui

L'agrément CIR décide si les factures de votre sous-traitant entrent — ou non — dans l'assiette de votre crédit d'impôt. Ce guide montre comment le vérifier sur la liste du MESR, ce que vous risquez en cas d'erreur, et comment un prestataire l'obtient.

Mis à jour le 2026-07-06

L’essentiel : ce que l’agrément CIR change pour vous

Vous confiez une partie de vos travaux de recherche à un prestataire extérieur, et vous comptez bien intégrer ces factures dans votre Crédit d’Impôt Recherche. Bonne nouvelle : c’est prévu par la loi. Mauvaise nouvelle : une seule condition mal vérifiée peut faire sauter la totalité de ces dépenses de votre assiette, avec redressement à la clé.

Cette condition, c’est l’agrément CIR.

La plupart des articles disponibles en ligne s’adressent au prestataire qui veut décrocher son agrément. C’est utile, et on en parle plus bas. Mais l’angle qui compte vraiment pour la sécurité de votre déclaration, c’est l’autre : vous êtes donneur d’ordre, et vous devez savoir si le sous-traitant que vous payez est agréé — sinon combien vous perdez. Ce guide traite les deux, en commençant par le plus risqué pour votre trésorerie.

En une phrase. L’agrément CIR est une décision administrative, délivrée par le ministère chargé de la recherche (MESR), qui atteste qu’un prestataire est capable de mener des travaux de recherche et développement (R&D) pour le compte d’un tiers. Sans cet agrément, les sommes que vous lui versez ne peuvent pas être valorisées dans votre CIR. Point final.

À quoi sert vraiment l’agrément CIR

Il faut bien comprendre une chose : l’agrément ne sert pas d’abord au prestataire. Il sert à son client.

Pour le donneur d’ordre : la clé qui ouvre l’assiette

Le Crédit d’Impôt Recherche repose sur une assiette de dépenses éligibles — salaires des chercheurs, dotations aux amortissements, frais de fonctionnement, et, justement, dépenses de sous-traitance. L’article 244 quater B du Code général des impôts (CGI) autorise le donneur d’ordre à inclure dans son assiette les travaux de R&D qu’il externalise, à condition que le prestataire soit agréé.

Traduction concrète : si vous êtes une entreprise qui déclare du CIR et que vous sous-traitez une brique de recherche, l’agrément de votre prestataire est ce qui transforme une facture ordinaire en dépense qui vous rapporte du crédit d’impôt, au taux de 30 % des dépenses éligibles jusqu’à 100 M€. Sans agrément, la facture reste une charge comptable classique — déductible du résultat, certes, mais exclue du calcul du CIR.

C’est toute la différence entre une dépense qui coûte et une dépense qui rapporte.

Pour le sous-traitant : un argument commercial, pas une obligation

Côté prestataire, l’agrément change la donne commercialement. Un bureau d’études, une société de développement logiciel ou un laboratoire privé qui affiche « agréé CIR » vend un avantage fiscal à ses clients, pas seulement une prestation. C’est un argument différenciant fort — parfois décisif dans un appel d’offres R&D.

Mais attention au faux ami : l’agrément n’est pas une autorisation d’exercer. Un prestataire non agréé a parfaitement le droit de facturer des travaux de recherche. Il peut être excellent techniquement. Simplement, ses factures ne seront pas valorisables dans le CIR de son client. L’agrément est un label fiscal, pas une licence professionnelle.

Retenez donc cette asymétrie, elle explique tout le reste du guide : le prestataire subit peu de risque à ne pas être agréé ; c’est le donneur d’ordre qui paie l’addition en cas d’erreur.

L’agrément CIR est-il obligatoire ?

C’est la question qui piège le plus de dirigeants, parce que la réponse est « oui et non ».

Non, l’agrément n’est pas obligatoire pour réaliser une prestation de recherche. Aucun texte n’interdit à une entreprise non agréée de mener des travaux de R&D pour un client.

Oui, il est indispensable dès l’instant où le donneur d’ordre veut faire entrer ces dépenses dans son CIR. Le BOFiP (la doctrine fiscale de l’administration) est clair : seules les dépenses confiées à des organismes agréés — ou à des organismes de recherche publics agréés — ouvrent droit au crédit d’impôt côté donneur d’ordre.

Donc si vous sous-traitez de la R&D sans intention de la valoriser fiscalement, l’agrément vous est indifférent. Mais si le CIR fait partie de votre équation économique — et c’est presque toujours le cas quand on parle de recherche externalisée —, alors l’agrément de votre prestataire n’est pas optionnel : il est la condition d’éligibilité.

Un détail qui a son importance : l’agrément doit être valide pour l’année au titre de laquelle vous déclarez la dépense. Un prestataire agréé pour une année passée, mais dont l’agrément n’a pas été renouvelé pour l’exercice concerné, ne « couvre » pas vos factures de cet exercice. On y revient dans la partie vérification, c’est un piège récurrent.

Ce que vous perdez si votre sous-traitant n’est pas agréé

Assez de théorie. Faisons le calcul à votre place, avec des chiffres.

Imaginons une PME du logiciel — appelons-la Novéa — qui développe un moteur d’analyse de données. Novéa confie une partie du travail de recherche algorithmique à un prestataire spécialisé, pour 100 000 € HT sur l’exercice. Ses autres dépenses de R&D éligibles (salaires des ingénieurs, amortissements, fonctionnement) atteignent 500 000 €.

Cas n° 1 — le prestataire est agréé CIR. Les 100 000 € de sous-traitance entrent dans l’assiette (on vérifie au passage la règle des 3x : 100 000 € sous-traités, c’est très en dessous de 3 × 500 000 € = 1 500 000 €, donc aucun écrêtement). Assiette de sous-traitance retenue : 100 000 €. CIR généré sur cette seule brique, au taux de 30 % : 100 000 € × 30 % = 30 000 €.

Cas n° 2 — le prestataire n’est pas agréé. Les 100 000 € sont purement et simplement exclus de l’assiette. CIR généré sur cette brique : 0 €.

L’écart sec entre les deux scénarios est donc de 30 000 € — sur une seule ligne de facture. Autrement dit, un prestataire non agréé fait « disparaître » 30 % de la somme que vous lui versez, en pur cash que l’État ne vous rendra pas.

Et ce n’est pas le pire. Le pire, c’est le redressement.

Supposons que Novéa ait déclaré ces 100 000 € de bonne foi, croyant son prestataire agréé, et perçu les 30 000 € de CIR. Trois ans plus tard, un contrôle fiscal établit que le prestataire n’était pas agréé pour l’année concernée. L’administration réintègre les 30 000 € indûment obtenus, majorés des intérêts de retard prévus par le CGI et, en cas de manquement caractérisé, d’éventuelles pénalités. La dépense qui devait rapporter 30 000 € finit par en coûter davantage, une fois le rappel et les intérêts additionnés.

C’est exactement pour éviter ce scénario que la vérification de l’agrément n’est pas une formalité administrative parmi d’autres. C’est le geste de sécurisation le plus rentable de tout votre dossier CIR.

Vous voulez chiffrer votre propre situation, sous-traitance comprise ? Le simulateur de Crédit d’Impôt Recherche fait le calcul complet en quelques minutes, sans créer de compte.

Comment vérifier qu’un prestataire est agréé CIR (pas à pas)

Voici la partie que presque aucun concurrent ne traite sérieusement, alors que c’est la plus utile. On va vérifier un agrément ensemble, méthodiquement.

Étape 1 — Ouvrir la liste officielle du MESR

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publie la liste des organismes et experts agréés au CIR en open data, sur le portail data.enseignementsup-recherche.gouv.fr. C’est la source de référence, gratuite et publique : ni le prestataire ni vous n’avez à passer par un intermédiaire pour la consulter. Elle est actualisée régulièrement — pensez à vérifier la date de la dernière version en ligne.

Vous y trouverez, pour chaque organisme agréé, sa raison sociale, son identifiant SIREN, sa localisation et l’année (ou la période) couverte par l’agrément.

Étape 2 — Chercher par SIREN, jamais seulement par nom

C’est le conseil qui vous évitera une erreur bête mais coûteuse. Recherchez par SIREN, pas par nom commercial.

Pourquoi ? Parce qu’une même enseigne peut porter plusieurs entités juridiques, qu’un nom commercial diffère souvent de la raison sociale, et qu’une coquille de saisie (« Techno Lab » vs « Technolab ») peut vous faire conclure à tort qu’un prestataire n’est pas — ou est — agréé. Le SIREN, lui, est unique et sans ambiguïté. Demandez-le à votre prestataire (il figure sur ses factures et son Kbis), puis interrogez la liste avec ce numéro à neuf chiffres.

Astuce complémentaire : vous pouvez aussi filtrer par région pour recouper la localisation de l’établissement, ce qui aide à distinguer deux entités homonymes.

Étape 3 — Vérifier l’année de l’agrément

Trouver le prestataire dans la liste ne suffit pas. Il faut que l’année de l’agrément corresponde à l’année au titre de laquelle vous déclarez la dépense. Un agrément est délivré pour une période précise ; s’il a expiré ou n’a pas été renouvelé pour l’exercice concerné, vos factures de cet exercice ne sont pas couvertes.

Concrètement : si vous déclarez des dépenses d’un exercice donné, vérifiez que l’agrément court bien sur cet exercice — pas seulement qu’il a existé un jour.

Le point qui change tout : la liste est indicative, pas opposable

Voici l’information que la quasi-totalité du web passe sous silence, et qui est pourtant décisive en cas de contrôle.

La liste publiée par le MESR est strictement indicative. Elle n’est pas opposable à l’administration fiscale. Cela veut dire qu’en cas de litige, vous ne pouvez pas vous retrancher derrière « il était dans la liste » pour justifier l’éligibilité de vos dépenses. La liste est un outil de repérage, pas une preuve juridique.

La seule pièce qui fait foi, c’est la décision d’agrément originale délivrée par le ministère au prestataire.

Exiger et archiver la décision d’agrément originale

Conséquence pratique et non négociable : demandez systématiquement à votre prestataire une copie de sa décision d’agrément, et vérifiez qu’elle couvre bien l’année de vos travaux. Puis archivez-la avec votre dossier CIR, aux côtés du contrat de sous-traitance et des livrables.

Un bon réflexe consiste à inscrire cette obligation directement dans le contrat : une clause qui engage le prestataire à fournir sa décision d’agrément à jour et à vous informer sans délai de toute non-reconduction. Cela vous protège, et cela responsabilise le prestataire.

Ce petit dossier de trois pièces — décision d’agrément, contrat, livrables — c’est ce qui transforme une dépense « déclarée de bonne foi » en dépense défendable face à un vérificateur. La nuance vaut, on l’a vu, plusieurs dizaines de milliers d’euros.

À noter : le formulaire de déclaration 2069-A-SD vous demande justement de renseigner, pour chaque prestataire, son SIREN, son adresse et le montant des dépenses externalisées. Autant de raisons de tenir cette information propre et vérifiée dès le départ. Pour aller plus loin sur la déclaration, voyez notre guide des dépenses éligibles au CIR.

Qui doit détenir l’agrément : privé, public, expert individuel

Tous les sous-traitants ne relèvent pas du même régime. Voici la carte claire.

Type de sous-traitantAgrément CIR requis ?Traitement fiscal côté donneur d’ordre
Entreprise / bureau d’études privéOuiDépenses éligibles si agréé, exclues sinon
Expert individuel (personne physique)OuiPeut être agréé à titre personnel ; mêmes règles
Organisme de recherche public (université, EPST, CNRS…)Oui, depuis le 1ᵉʳ janvier 2022Dépenses éligibles ; plus de doublement depuis la réforme
Fondation reconnue d’utilité publique du secteur de la rechercheSelon statutRégime spécifique, à valider au cas par cas

La réforme du 1ᵉʳ janvier 2022 : fin du doublement public

Longtemps, les dépenses confiées à un organisme de recherche public étaient comptées pour le double dans l’assiette du CIR du donneur d’ordre — un fort incitatif à collaborer avec la recherche publique. La loi de finances a mis fin à ce doublement pour les dépenses exposées à compter du 1ᵉʳ janvier 2022. Depuis, public et privé sont largement alignés, et les organismes publics doivent eux aussi être agréés pour que leurs travaux ouvrent droit au CIR côté client (avec des modalités propres à certains établissements).

Si vous vous appuyez sur une source ou un article antérieur à 2022 qui évoque encore le « doublement public », considérez-le comme périmé sur ce point.

Localisation : France, Union européenne ou EEE

Autre condition, souvent oubliée : les travaux sont réalisés. Pour être éligibles, les dépenses de sous-traitance doivent correspondre à des opérations de recherche localisées dans l’Union européenne ou dans un autre État de l’Espace économique européen (Norvège, Liechtenstein, Islande) ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative. Un prestataire agréé mais réalisant les travaux hors de cette zone ne coche pas la case localisation. Les deux conditions — agrément et localisation — se cumulent.

Les plafonds de sous-traitance à connaître

Même parfaitement agréées, vos dépenses de sous-traitance ne sont pas retenues sans limite. Deux logiques se superposent, et il faut les connaître pour ne pas surestimer votre CIR.

1. La règle des 3x. Les dépenses de sous-traitance ne sont retenues que dans la limite de trois fois le montant total des autres dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d’impôt. Autrement dit, vous ne pouvez pas construire un CIR essentiellement composé de sous-traitance : il faut une base de recherche interne. Dans l’exemple de Novéa, 500 000 € de dépenses internes autorisaient jusqu’à 1 500 000 € de sous-traitance retenue — plafond très largement au-dessus de ses 100 000 €, donc sans effet.

2. Un plafond global exprimé en euros. Au-delà de la règle des 3x, la loi fixe un plafond global en montant, dont le niveau varie selon les cas : de l’ordre de 2 M€ par an, porté à 10 M€ pour certains organismes. L’existence d’un lien de dépendance entre le donneur d’ordre et le sous-traitant (par exemple deux sociétés d’un même groupe) peut par ailleurs réduire le plafond retenu, l’objectif du législateur étant d’éviter qu’un groupe ne gonfle artificiellement son CIR en se facturant de la recherche à lui-même.

L’articulation exacte de ces plafonds relève de l’article 244 quater B du CGI et de sa doctrine BOFiP, et peut être ajustée par la loi de finances de l’année. Recoupez toujours le plafond applicable avec la source en vigueur avant de plafonner votre assiette. Pour le fonctionnement d’ensemble du dispositif, voyez notre guide dédié aux dépenses éligibles au CIR.

Neutralisation et cascade : les pièges techniques

Trois mécanismes techniques échappent à la plupart des lecteurs. Ils sont pourtant au cœur des redressements.

La neutralisation chez le sous-traitant agréé

Un prestataire agréé mène de la R&D. Il pourrait donc être tenté de déclarer, lui aussi, un CIR sur ces travaux. Interdit : ce serait compter deux fois la même recherche.

La règle de neutralisation impose au sous-traitant agréé de déduire de sa propre assiette CIR les sommes qu’il facture à ses clients au titre de travaux éligibles. Le crédit d’impôt sur ces travaux « appartient » au donneur d’ordre ; le sous-traitant ne peut pas le revendiquer en parallèle. Si vous êtes prestataire agréé, cette mécanique doit être intégrée à votre propre déclaration, sous peine de double comptage — un classique du contrôle.

La cascade s’arrête au rang 2

Que se passe-t-il quand votre sous-traitant sous-traite lui-même une partie du travail ? On parle de sous-traitance en cascade. La doctrine encadre strictement le phénomène : l’éligibilité s’arrête, en pratique, au rang 2. Les travaux confiés à un sous-traitant de rang 3 (le sous-traitant de votre sous-traitant) ne sont, en principe, pas éligibles au CIR. Chaque maillon supplémentaire doit par ailleurs respecter les conditions d’agrément et de localisation. Mieux vaut donc cartographier la chaîne de sous-traitance avant de déclarer.

Quand l’agrément expire en cours de contrat

Cas de terrain redoutable : vous signez un contrat pluriannuel avec un prestataire agréé, et son agrément n’est pas reconduit en cours de route. Quel sort pour vos dépenses ?

La ligne directrice : ce qui compte, c’est la validité de l’agrément au titre de l’année de la dépense. Les factures émises pendant une période couverte par l’agrément restent en principe éligibles ; celles émises après l’expiration, sans renouvellement, ne le sont plus. D’où l’importance de la clause contractuelle évoquée plus haut et d’un suivi année par année. Ne raisonnez pas « le contrat était couvert au départ » — raisonnez exercice par exercice.

Comment obtenir l’agrément CIR (côté prestataire)

Vous êtes de l’autre côté du miroir : vous prestez de la R&D et vous voulez offrir à vos clients la possibilité de valoriser vos factures. Voici la marche à suivre.

Deux campagnes annuelles : anticipez le calendrier

L’agrément ne se dépose pas n’importe quand. Le MESR ouvre chaque année deux campagnes : l’une dédiée aux premières demandes, l’autre aux renouvellements. Les dates exactes d’ouverture et de clôture sont publiées sur la procédure officielle du MESR — consultez-les avant de préparer votre dossier. Manquer la fenêtre, c’est reporter d’un an, et priver vos clients de l’éligibilité de vos factures sur l’intervalle. On planifie donc en amont, surtout pour une première demande.

CIROCO, la plateforme de dépôt

Fini le dépôt éclaté par voie postale ou par des canaux multiples : la demande d’agrément se dépose désormais via la plateforme officielle CIROCO, devenue le canal de dépôt de référence. Un point important : si un guide vous renvoie vers un ancien formulaire à envoyer par courrier, il n’est plus à jour. Vérifiez toujours la marche à suivre sur la procédure officielle du MESR.

Le dossier : opération R&D, CV et diplômes

Le dossier repose sur le formulaire Cerfa dédié à la demande d’agrément et doit démontrer, de façon convaincante, votre aptitude à mener de la recherche. Concrètement, il comprend :

  • la présentation d’une opération de R&D représentative, décrite selon les critères du Manuel de Frascati (le référentiel international qui définit ce qu’est la recherche : nouveauté, incertitude scientifique ou technique, démarche systématique) ;
  • les CV et diplômes des chercheurs mobilisés — un niveau de qualification élevé (Bac+5 ou équivalent) est généralement attendu pour le personnel de recherche ;
  • les pièces administratives d’usage (extrait Kbis récent, notamment).

Le dossier peut être rédigé en français ou en anglais. Le nombre de chercheurs à présenter est encadré par la procédure. C’est un exercice de preuve : ce n’est pas la taille de la structure qui compte, mais la capacité démontrée à conduire des travaux réellement scientifiques.

Durée de validité de l’agrément

L’agrément est délivré pour une durée déterminée — en principe trois ans. Cette durée peut être réduite lorsque le demandeur ne justifie pas encore d’une opération de R&D récente et significative (agrément en quelque sorte probatoire), ou prolongée pour les organismes ayant démontré leur constance au fil de plusieurs renouvellements. La durée applicable figure sur la décision d’agrément et relève de la procédure du MESR ; reportez-vous à la source officielle pour les modalités exactes.

Délai d’instruction, motifs de refus et recours

Comptez plusieurs mois d’instruction : le délai précis varie selon les campagnes, renseignez-vous sur la procédure en vigueur. Anticipez — l’agrément ne s’obtient pas dans l’urgence d’un appel d’offres.

Les motifs de refus les plus fréquents ? Un dossier qui ne démontre pas le caractère réellement recherche de l’activité (au sens de Frascati), des CV insuffisamment qualifiés, ou une opération de R&D décrite trop vaguement. En cas de rejet, les voies classiques du contentieux administratif s’appliquent : demande de précisions, recours gracieux auprès du ministère, puis, le cas échéant, recours devant le juge administratif. Dans la pratique, la meilleure « voie de recours » reste un dossier mieux argumenté à la campagne suivante.

Monter un dossier d’agrément solide, ou sécuriser une déclaration CIR qui comporte de la sous-traitance, demande de la méthode. Si vous préférez être accompagné, notre page cabinet CIR vous met en relation avec des professionnels partenaires qui traitent ce type de dossier au quotidien.

Agrément CIR et agrément CII : ne pas confondre

Deux dispositifs, deux agréments, deux autorités. La confusion est fréquente et coûteuse.

  • Agrément CIR — délivré par le MESR (ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche), pour la sous-traitance de recherche et développement.
  • Agrément CII — délivré par la DGE (Direction générale des entreprises), pour la sous-traitance dans le cadre du Crédit d’Impôt Innovation, qui concerne les activités de conception de prototypes et d’installations pilotes de produits nouveaux, en aval de la R&D.

Un prestataire peut être agréé pour l’un, pour l’autre, ou pour les deux — ce sont des décisions distinctes. Vérifiez toujours que l’agrément que vous invoquez correspond bien au dispositif que vous déclarez : un agrément CII ne couvre pas des dépenses déclarées au CIR, et réciproquement. Les calendriers et les modalités de dépôt diffèrent également : la demande d’agrément CII se dépose auprès de la DGE, selon son propre calendrier annuel — reportez-vous à la procédure de la DGE.

Pour bien situer les deux dispositifs, voyez notre page dédiée au Crédit d’Impôt Innovation.

Combien coûte l’agrément CIR ?

La demande d’agrément auprès du MESR ne fait pas l’objet d’une taxe : le dépôt via CIROCO est gratuit. Le seul « coût » réel est celui du temps — celui de constituer un dossier technique convaincant — et, si vous vous faites accompagner, celui des honoraires d’un conseil spécialisé pour le rédiger.

Autrement dit : l’agrément ne s’achète pas, il se démontre. Ce qui coûte, c’est la qualité de la preuve scientifique que vous apportez, pas un droit d’entrée administratif.

Ce qui change en 2026

Trois points méritent votre attention cette année.

La liste des organismes agréés reste consultable en open data sur data.enseignementsup-recherche.gouv.fr et fait l’objet d’actualisations régulières. Prenez le réflexe de la reconsulter à chaque campagne déclarative, en vérifiant la date de la dernière version : un prestataire agréé l’an dernier ne l’est pas automatiquement cette année.

CIROCO s’est imposé comme la plateforme de dépôt des demandes d’agrément. Les procédures antérieures (envoi postal, canaux multiples) ne sont plus le canal de référence.

Le crédit d’impôt collaboration de recherche (CICo) s’ajoute au paysage des dispositifs qui mobilisent la notion d’organisme agréé, aux côtés du CIR et du CII. Si votre projet passe par un contrat de collaboration avec un organisme de recherche, ce dispositif — et son propre régime de conventionnement — peut vous concerner. Ses modalités précises relèvent de la loi de finances et du BOFiP en vigueur ; recoupez avec la source applicable.

Ce guide est mis à jour à chaque campagne d’agrément et à chaque loi de finances, pour rester la référence la plus fraîche du marché. Notre méthodologie de sourçage détaille comment chaque information est vérifiée.

En résumé

  • L’agrément CIR sert avant tout au donneur d’ordre : il conditionne l’entrée des factures de sous-traitance dans l’assiette du crédit d’impôt.
  • Il n’est pas obligatoire pour prester, mais indispensable pour valoriser la dépense côté client.
  • Vérifiez votre prestataire sur la liste MESR (par SIREN, bonne année), puis exigez sa décision d’agrément — la liste seule n’est pas opposable.
  • Un prestataire non agréé, c’est la sous-traitance exclue de l’assiette (30 % de crédit d’impôt qui ne se déclenchent pas), plus un risque de redressement et d’intérêts de retard.
  • Attention aux plafonds (règle des 3x, plafond global en euros variable selon les cas), à la neutralisation et à la cascade limitée au rang 2.
  • L’agrément s’obtient via CIROCO, sur dossier, dans deux campagnes annuelles, pour trois ans en principe.

Estimez votre CIR, sous-traitance incluse. Notre simulateur gratuit intègre les dépenses externalisées et applique automatiquement la règle des 3x. Quelques minutes, sans inscription. Et pour comprendre le dispositif de bout en bout, la page pilier sur le Crédit d’Impôt Recherche et le hub de ressources CIR complètent ce guide.

Sources

Rédigé par la rédaction Crédit Impôts Recherche. Mis à jour le 6 juillet 2026. Ce guide est informatif et ne se substitue pas à un conseil personnalisé ; recoupez toujours les montants avec la source officielle en vigueur.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Qu'est-ce que l'agrément CIR ?
C'est une décision administrative délivrée par le ministère chargé de la recherche (MESR) attestant qu'un prestataire est apte à réaliser des travaux de R&D pour le compte de tiers. Son effet est fiscal : il permet au donneur d'ordre d'inclure les factures de ce prestataire dans l'assiette de son crédit d'impôt recherche.
L'agrément CIR est-il obligatoire ?
Pas pour réaliser une prestation de recherche : une entreprise non agréée peut facturer des travaux de R&D. En revanche, il est indispensable dès que le donneur d'ordre veut valoriser ces dépenses dans son CIR. Sans agrément du sous-traitant, la dépense reste une charge comptable, mais elle est exclue du calcul du crédit d'impôt.
Comment savoir si un prestataire est agréé CIR ?
Consultez la liste officielle des organismes agréés publiée en open data par le MESR sur data.enseignementsup-recherche.gouv.fr. Recherchez le prestataire par son numéro SIREN, vérifiez que l'agrément couvre bien l'année de vos dépenses, puis demandez-lui une copie de sa décision d'agrément originale : c'est elle, et non la liste, qui fait foi.
Où trouver la liste des organismes agréés CIR ?
Sur le portail open data du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, data.enseignementsup-recherche.gouv.fr. La liste est gratuite, publique et actualisée régulièrement : vérifiez la date de la dernière version avant de vous y fier.
La liste MESR suffit-elle à prouver l'agrément en cas de contrôle ?
Non. La liste publiée par le MESR est indicative et n'est pas opposable à l'administration fiscale. En cas de contrôle, seule la décision d'agrément originale délivrée au prestataire fait foi : exigez-la, vérifiez qu'elle couvre l'année concernée et archivez-la avec votre dossier CIR.
Les dépenses versées à un organisme non agréé sont-elles éligibles au CIR ?
Non. Les sommes payées à un sous-traitant non agréé sont exclues de l'assiette du CIR : la facture reste une charge déductible, mais elle ne génère aucun crédit d'impôt et, si elle a été déclarée à tort, elle expose à un redressement assorti d'intérêts de retard.
Comment obtenir l'agrément CIR ?
Le prestataire dépose un dossier via la plateforme officielle CIROCO, pendant l'une des campagnes annuelles du MESR (première demande ou renouvellement). Le dossier présente une opération de R&D selon les critères du Manuel de Frascati ainsi que les CV et diplômes des chercheurs mobilisés. Consultez le calendrier et le formulaire exacts sur la procédure officielle du MESR.
Quelle est la durée de validité de l'agrément CIR ?
En principe trois ans. La durée peut être réduite pour une première demande qui ne justifie pas encore d'une activité de recherche établie, ou prolongée pour les organismes ayant démontré leur régularité au fil des renouvellements. La durée exacte figure sur la décision d'agrément.
Quel est le délai pour obtenir l'agrément CIR ?
Comptez plusieurs mois d'instruction : le délai précis dépend de la campagne, renseignez-vous sur la procédure officielle du MESR. L'agrément ne s'obtient pas dans l'urgence : anticipez si vous en avez besoin pour un projet précis.
Quelle est la différence entre l'agrément CIR et l'agrément CII ?
Ce sont deux agréments distincts. L'agrément CIR, délivré par le MESR, concerne la sous-traitance de recherche et développement. L'agrément CII, délivré par la DGE, concerne la sous-traitance dans le cadre du crédit d'impôt innovation (prototypes et installations pilotes de produits nouveaux). Un agrément ne vaut pas pour l'autre dispositif.
Un organisme public doit-il être agréé pour le CIR ?
Oui. Depuis la réforme applicable aux dépenses exposées à compter du 1er janvier 2022, le doublement dont bénéficiaient les dépenses confiées à la recherche publique a été supprimé et le régime public largement aligné sur le régime privé : les organismes publics doivent désormais être agréés pour que leurs travaux ouvrent droit au CIR côté donneur d'ordre.
Combien coûte l'agrément CIR ?
Le dépôt de la demande auprès du MESR via CIROCO est gratuit : il n'existe pas de taxe d'agrément. Le coût réel est celui du temps passé à constituer un dossier technique convaincant et, le cas échéant, des honoraires d'un conseil qui vous accompagne.
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