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Formulaire 2069-A-SD : le guide de remplissage du CIR (2026)

Le formulaire 2069-A-SD calcule et déclare votre crédit d'impôt recherche. Voici comment le remplir, rubrique par rubrique, avec un exemple chiffré et le chemin jusqu'à votre liasse fiscale.

Mis à jour le 2026-07-06

Le 2069-A-SD, en résumé

Le formulaire 2069-A-SD est la déclaration spéciale qui sert à calculer et à déclarer le crédit d’impôt recherche (CIR). Toute entreprise industrielle, commerciale ou agricole imposée au bénéfice réel — à l’IS ou à l’IR — qui engage des dépenses de recherche le dépose, par voie dématérialisée, en annexe de sa déclaration de résultat.

Voilà pour la réponse courte. Le problème, c’est que cette réponse ne vous dit pas quelle rubrique remplir avec quel chiffre. Et c’est précisément là que tout le monde vous laisse tomber : le site des impôts distribue le PDF sans un mot d’explication, les cabinets vous disent « quels formulaires » et « quand », mais personne ne s’assoit à côté de vous pour remplir l’imprimé, rubrique par rubrique, avec de vrais montants.

C’est ce qu’on fait ici. On décortique chaque rubrique, on remplit un cas concret de bout en bout, on trace le chemin du crédit jusqu’à votre liasse fiscale, et on vous signale les erreurs qui font tiquer l’administration. Les chiffres fiscaux sont sourcés (BOFiP, article 244 quater B du CGI, loi de finances) et datés, parce qu’en matière de crédit d’impôt une information périmée coûte cher.

En 30 secondes. Le 2069-A-SD calcule votre CIR (30 % des dépenses de recherche jusqu’à 100 M€, puis 5 % au-delà). Vous le télédéclarez avec votre liasse. Le montant remonte ensuite sur le 2069-RCI-SD, puis sur votre relevé de solde d’IS (2572-SD) ou votre déclaration de revenus (2042-C-PRO). Une PME peut en obtenir le remboursement immédiat via le 2573-SD.

À quoi sert le formulaire 2069-A-SD, et qui doit le déposer

Le 2069-A-SD est la déclaration de détermination du crédit d’impôt recherche. Il ne se contente pas d’afficher un montant : c’est lui qui reconstitue, poste par poste, l’assiette de vos dépenses de R&D, puis applique le taux légal pour aboutir au crédit final. Sans lui, pas de CIR — même si vos travaux étaient parfaitement éligibles.

Sont concernées les entreprises industrielles, commerciales ou agricoles imposées d’après leur bénéfice réel (réel normal ou réel simplifié), qu’elles relèvent de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu. Peu importe la forme juridique (SAS, SARL, SA, entreprise individuelle au réel) ou le secteur : un éditeur de logiciel, un bureau d’études, une biotech, un industriel ou un artisan qui mène de vrais travaux de recherche déposent le même imprimé. Les entreprises exonérées à ce titre (jeunes entreprises innovantes, entreprises nouvelles, implantées en ZFU…) le déposent aussi : l’exonération d’impôt ne les prive pas du CIR, qui devient alors une créance remboursable.

Un point qui surprend souvent : le 2069-A-SD ne sert pas qu’au CIR « recherche ». Le même formulaire abrite plusieurs dispositifs distincts, chacun dans sa section :

  • le CIR-Recherche proprement dit (le cœur du sujet) ;
  • le CIR-Collection, réservé au secteur textile-habillement-cuir ;
  • le crédit d’impôt innovation (CII), réservé aux PME au sens du droit de l’Union européenne ;
  • le crédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative (CICo), pour les contrats conclus avec des organismes de recherche agréés.

Autrement dit, si vous cumulez recherche et innovation, vous ne remplissez pas deux formulaires : vous renseignez deux sections du même imprimé. On y revient plus bas.

Où télécharger le bon millésime, et pourquoi ça compte

Le formulaire se télécharge gratuitement sur impots.gouv.fr, à la rubrique « Recherche de formulaires », accompagné de sa notice officielle, la 2069-A-NOT-SD — le document que presque personne ne lit et qui contient pourtant la définition exacte de chaque rubrique. C’est une déclaration Cerfa dont le numéro et le suffixe de version (le millésime) figurent sur le PDF officiel ; plusieurs millésimes sont mis à disposition en parallèle sur le site.

Prenez le bon. Le millésime correspond à l’année de dépôt, pas forcément à l’année de vos dépenses, et les règles fiscales évoluent d’une loi de finances à l’autre. Utiliser un vieux PDF, c’est risquer d’appliquer un taux de frais de fonctionnement périmé ou de faire figurer un poste supprimé.

Retenez surtout une règle que beaucoup ignorent : le CIR se calcule toujours sur l’année civile. Si votre exercice coïncide avec l’année civile (clôture au 31 décembre), pas de difficulté. Mais si vous clôturez en cours d’année — au 30 juin, par exemple — le crédit rattaché à cet exercice se calcule sur les dépenses de la dernière année civile écoulée, du 1er janvier au 31 décembre (BOFiP). Une entreprise qui clôture le 30 juin 2025 déclare donc un CIR assis sur l’année civile 2024. C’est contre-intuitif, et c’est la source d’un grand nombre d’erreurs d’assiette.

La télédéclaration est obligatoire

Depuis plusieurs années, il n’existe plus de version papier valable : le 2069-A-SD se transmet exclusivement par voie électronique, comme le reste de votre liasse fiscale. Deux canaux possibles :

  • la procédure EDI-TDFC, via votre expert-comptable ou un partenaire agréé qui transmet la liasse au format échange de données informatisé ;
  • le mode EFI, depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, en saisie directe.

Dans les deux cas, le formulaire est déposé en annexe de la déclaration de résultat (2065 pour l’IS, 2031 pour les BIC, 2035 pour les BNC au réel). Il ne « part » jamais seul. C’est un point de méthode important : votre CIR est indissociable de votre liasse, et son calendrier suit celui de la déclaration de résultat.

Remplir le 2069-A-SD, bloc par bloc

On entre dans le vif. Le formulaire est organisé en rubriques successives. Pour chaque bloc, on vous dit ce qu’on y met et l’erreur classique à éviter. Petite précaution honnête : les numéros de ligne bougent d’un millésime à l’autre, donc on raisonne par rubrique — la notice 2069-A-NOT-SD de votre millésime vous donnera le numéro de case exact.

L’en-tête : identifier l’entreprise

On commence par les identifiants : dénomination, numéro SIREN, adresse, code activité (NAF/APE), et selon le millésime l’effectif salarié et le chiffre d’affaires hors taxes. Rien de sorcier, mais des données incohérentes avec le reste de la liasse (un SIREN erroné, un exercice mal borné) suffisent à faire rejeter la transmission.

L’erreur classique : mal borner la période de calcul quand l’exercice est décalé. Rappelez-vous : on raisonne en année civile.

Les dépenses de personnel (chercheurs et techniciens)

C’est le poste central, souvent le plus lourd de l’assiette. On y porte les rémunérations et charges sociales obligatoires des personnels directement et exclusivement affectés aux opérations de recherche : chercheurs (ingénieurs, docteurs, diplômés du supérieur menant des travaux de R&D) et techniciens de recherche qui les assistent.

On ne retient que le temps réellement consacré à la R&D. Un ingénieur qui passe 60 % de son temps sur des travaux de recherche éligibles voit 60 % de sa rémunération chargée entrer dans l’assiette.

L’erreur classique : intégrer du personnel support (commercial, administratif, direction non technique) ou surévaluer le taux d’affectation sans feuille de temps pour l’étayer. C’est le premier point qu’un vérificateur recoupe avec votre dossier technique.

Le « jeune docteur » : un régime de faveur supprimé depuis 2025

Historiquement, l’embauche d’un jeune docteur en premier CDI ouvrait un avantage puissant : les dépenses de personnel le concernant étaient retenues pour le double de leur montant pendant 24 mois après le premier recrutement, et le forfait de fonctionnement le concernant était calculé à 200 %.

Ce régime de faveur a été supprimé par la loi de finances pour 2025 (article 55), pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025. C’est exactement le genre de détail où un guide daté vous induit en erreur : sur une déclaration millésimée 2026, il n’y a plus de doublement ni de forfait à 200 % à appliquer.

Ce qui subsiste : le docteur reste un personnel de recherche parfaitement éligible. Sa rémunération chargée entre dans l’assiette, mais au taux de droit commun, avec le forfait de fonctionnement de 40 %, comme n’importe quel chercheur. On détaille l’historique et ce qui reste possible dans notre guide dédié au CIR jeune docteur.

L’erreur classique, aujourd’hui : appliquer le doublement « par habitude » sur une déclaration 2026, alors que l’avantage spécifique a été abrogé.

Les dotations aux amortissements

On porte ici les dotations aux amortissements des immobilisations (matériels, équipements, immeubles) créées ou acquises à l’état neuf et affectées directement à la recherche. Un serveur de calcul, un banc de test, un instrument de mesure : leur amortissement annuel, au prorata de l’affectation R&D, entre dans l’assiette.

L’erreur classique : faire figurer la valeur d’achat du bien au lieu de la seule dotation annuelle. On ne retient jamais le prix, seulement l’amortissement de l’exercice.

Les frais de fonctionnement forfaitaires

Voici le poste le plus mal renseigné, et celui qui a le plus bougé récemment. Vous ne déclarez pas vos frais de fonctionnement réels (loyers, fluides, petit matériel) : le formulaire les calcule au forfait, à partir de deux bases :

  • 75 % des dotations aux amortissements retenues dans l’assiette ;
  • un pourcentage des dépenses de personnel de recherche.

Ce second pourcentage était de 43 %. La loi de finances pour 2025 l’a ramené à 40 % pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025. Conséquence très concrète pour la déclaration 2026 (dépenses 2025) : sur un exercice à cheval sur cette date, il faut en théorie appliquer 43 % à la fraction de dépenses de personnel exposée avant le 15 février 2025, puis 40 % ensuite. Pour un exercice 2026 entier, c’est 40 % partout.

L’erreur classique : garder 43 % sur toute l’année 2025, ou appliquer 40 % à des dépenses antérieures au 15 février 2025. Les deux faussent l’assiette.

La sous-traitance confiée à des organismes agréés

Vous pouvez confier une partie de vos travaux à l’extérieur et intégrer ces dépenses — à une condition stricte : le prestataire doit être agréé CIR par le ministère chargé de la recherche (MESR). La liste des organismes agréés est publique et tenue par le MESR ; c’est la première chose à vérifier avant de contractualiser.

Les montants sous-traités ne sont retenus que dans certaines limites : des plafonds spécifiques s’appliquent selon les cas, et la sous-traitance à un organisme lié obéit à des contraintes particulières. On y porte les dépenses éligibles facturées par le sous-traitant agréé, dans les limites prévues par la loi.

L’erreur classique — et elle est fréquente : déclarer de la sous-traitance à un prestataire non agréé. La dépense est alors purement et simplement rejetée, et l’incohérence signale au vérificateur que le dossier a été monté à la légère. Notre guide dédié à l’agrément CIR détaille ces plafonds et la condition d’agrément.

Brevets, veille technologique, normalisation

Plusieurs postes annexes complètent l’assiette : les frais de prise, de maintenance et de défense de brevets et de dessins et modèles, les dépenses de normalisation, et les dépenses de veille technologique.

Ces postes restent éligibles. En particulier, les frais de brevets (prise, maintenance, défense) et la veille technologique demeurent dans l’assiette du CIR — la veille étant retenue dans la limite de 60 000 € par an. Ne les supprimez donc pas de votre calcul sous prétexte d’un « durcissement » : c’est une confusion fréquente, et elle vous ferait perdre du crédit auquel vous avez droit.

L’erreur classique : omettre des postes réellement éligibles (brevets, veille) en croyant à tort qu’ils ont été retirés de l’assiette.

Les subventions publiques et avances remboursables à déduire

Point souvent oublié, et lourd de conséquences : les subventions publiques reçues au titre des projets de recherche, ainsi que les avances remboursables, doivent être déduites de l’assiette l’année de leur encaissement. Une avance remboursable non remboursée se déduit ; si elle est remboursée plus tard, elle se réintègre.

L’erreur classique : calculer le CIR sur les dépenses brutes en « oubliant » une subvention Bpifrance ou régionale. C’est un motif de redressement quasi automatique, car l’administration recoupe facilement ces flux.

Les sections annexes : Collection, CII, recherche collaborative

En bas du formulaire, des sections distinctes accueillent les autres dispositifs : le CIR-Collection (textile-habillement-cuir), le CII — que l’on détaille juste après —, et le crédit d’impôt recherche collaborative (CICo), régi par l’article 244 quater B bis du CGI. Si vous n’êtes concerné par aucun de ces régimes, vous laissez ces sections vides. Inutile de les remplir « pour faire complet ».

Traduire vos dépenses en chiffres, avant de remplir. Avant d’ouvrir le PDF, faites tourner notre simulateur de crédit d’impôt recherche (gratuit, sans e-mail) : vous entrez vos masses de dépenses, il vous ressort l’assiette et le crédit estimé — exactement les chiffres à reporter dans le 2069-A-SD.

Le cas simple le plus fréquent : la PME mono-projet

La plupart des guides vous noient dans l’exhaustivité. Or, dans la vraie vie, une PME avec un seul projet de R&D, pas de sous-traitance, pas de collection, ne remplit qu’une poignée de blocs :

  • l’en-tête (identité) ;
  • les dépenses de personnel (le poste principal) ;
  • éventuellement les dotations aux amortissements ;
  • les frais de fonctionnement forfaitaires (calcul automatique à partir des deux précédents) ;
  • le bloc de calcul final (assiette × 30 %).

Tout le reste — sous-traitance, brevets, collection, CII, recherche collaborative, annexes — vous ne le touchez pas. Si votre dossier ressemble à ça, vous êtes à trois blocs d’une déclaration correcte.

Exemple chiffré : on remplit le 2069-A-SD à votre place

Rien ne vaut un cas concret. Prenons une PME à l’IS, éditrice de logiciel (le profil que l’on retrouve sur notre page secteur logiciel), exercice calé sur l’année civile 2025, un seul projet de R&D.

Ses dépenses de l’année :

  • 1 ingénieur R&D à temps plein sur le projet : rémunération + charges sociales = 55 000 € ;
  • dotations aux amortissements d’un serveur de test affecté à 100 % au projet : 20 000 € ;
  • sous-traitance confiée à un laboratoire agréé CIR : 15 000 €.

Étape par étape, voici ce qui entre dans chaque bloc :

Bloc du 2069-A-SDMontant portéDétail du calcul
Dépenses de personnel55 000 €Rémunération + charges du chercheur
Dotations aux amortissements20 000 €Dotation de l’exercice, pas le prix d’achat
Frais de fonctionnement forfaitaires37 000 €(40 % × 55 000) + (75 % × 20 000) = 22 000 + 15 000
Sous-traitance agréée15 000 €Facturé par le prestataire agréé MESR
Assiette totale127 000 €55 000 + 20 000 + 37 000 + 15 000
Crédit d’impôt (30 %)38 100 €30 % × 127 000

(Pour simplifier, on applique 40 % de forfait sur toute l’année. Pour un exercice 2025 réel à cheval sur le 15 février, on scinderait la part personnel à 43 % / 40 %.)

Résultat : cette PME déclare un CIR de 38 100 € sur son 2069-A-SD. Comme il s’agit d’une PME au sens du droit de l’Union européenne, si son impôt sur les sociétés de l’année est inférieur à ce montant, l’excédent lui sera remboursé immédiatement (voir plus bas). On passe d’un « on ne sait pas trop combien » à un chiffre net, tracé jusqu’à la case. C’est la méthode que l’on applique dans notre guide de calcul du CIR.

Du 2069-A-SD à la liasse fiscale : le tableau de report

Le 2069-A-SD calcule le crédit, mais il ne l’impute pas tout seul. Le montant voyage ensuite dans votre liasse. Personne, ou presque, ne cartographie clairement ce chemin — le voici.

ÉtapeFormulaireCe qu’on y porte
1. Calcul du crédit2069-A-SDL’assiette et le montant du CIR (dans notre exemple : 38 100 €)
2. Récapitulatif des crédits2069-RCI-SDOn y reporte le montant du CIR (et des autres crédits d’impôt)
3a. Imputation à l’ISRelevé de solde 2572-SDLe CIR s’impute sur l’IS dû (case dédiée — cf. notice)
3b. Imputation à l’IR2042-C-PROL’entrepreneur individuel reporte le CIR sur sa déclaration de revenus
4. Groupe intégré2058-CG (société mère)La mère agrège les CIR des filiales et impute au niveau du groupe
5. Remboursement immédiat2573-SDDemande de restitution de la créance (PME, JEI, entreprise nouvelle)

La logique : 2069-A-SD → 2069-RCI-SD → relevé de solde / déclaration de revenus. Le 2069-RCI-SD est le récapitulatif « réductions et crédits d’impôt » qui fait le pont entre votre calcul détaillé et l’imputation sur l’impôt. Pour une entreprise à l’IS, le crédit s’impute sur l’IS via le relevé de solde 2572-SD ; pour un entrepreneur individuel à l’IR, il se reporte sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO. Dans un groupe fiscalement intégré, la logique change de main : c’est la société mère qui télédéclare et qui remonte, via le 2058-CG, les CIR déterminés par chaque filiale sur son propre 2069-A-SD.

Les annexes 2069-A-1-SD, -2-SD et -3-SD : quand les joindre

Le 2069-A-SD s’accompagne, dans certains cas seulement, d’états annexes. Bonne nouvelle pour la majorité des lecteurs : si vous êtes une PME, vous n’avez généralement rien à joindre. Ces annexes sont des obligations d’information renforcée qui visent surtout les entreprises engageant des montants de recherche élevés.

  • 2069-A-1-SD : état à joindre par les entreprises dont les dépenses de recherche dépassent un seuil élevé. On y décrit la nature des travaux, les moyens humains et matériels, la part de titulaires d’un doctorat, les effectifs de recherche et leur localisation.
  • 2069-A-2-SD : état annexe complémentaire au 2069-A-SD (détail des dépenses / de la sous-traitance selon le millésime).
  • 2069-A-3-SD : état annexe complémentaire, dont le périmètre exact figure dans la notice 2069-A-NOT-SD.

Le contenu précis et les seuils de déclenchement de chaque annexe relèvent de l’obligation d’information prévue à l’article 244 quater B du CGI et sont détaillés dans la notice officielle. Le réflexe sûr : si vos dépenses de recherche restent en dessous de plusieurs millions d’euros, concentrez-vous sur le 2069-A-SD seul, et vérifiez le seuil dans la notice de votre millésime avant de conclure qu’aucune annexe n’est due.

Le calendrier de dépôt 2026, selon votre date de clôture

Le 2069-A-SD suivant le sort de la déclaration de résultat, sa date limite dépend de votre régime et de votre date de clôture. Voici les cas courants pour la campagne 2026.

SituationÉchéance de dépôt
Entreprise à l’IR (BIC/BNC au réel), clôture 31/12/2025Échéance de la campagne de déclaration des revenus (dates DGFiP)
Entreprise à l’IS, clôture 31/12/2025Déclaration de résultat + 2069-A-SD à l’échéance de printemps ; relevé de solde d’IS 2572-SD peu après
Exercice décalé (clôture en cours d’année)Déclaration de résultat et 2069-A-SD dans les 3 mois de la clôture ; relevé de solde d’IS dans les 3 mois + 15 jours

Deux repères pratiques : pour une entreprise à l’IS clôturant au 31 décembre, la déclaration de résultat se dépose au printemps (avec la tolérance dématérialisée d’usage) et le relevé de solde d’IS peu après ; pour une entreprise à l’IR, l’échéance suit la campagne de déclaration des revenus. Les dates exactes varient chaque année : recalez-vous toujours sur le calendrier publié par la DGFiP pour la campagne en cours.

Se faire rembourser le CIR tout de suite : le formulaire 2573-SD

Par principe, le CIR s’impute sur l’impôt dû au titre de l’année des dépenses. S’il excède cet impôt, l’excédent devient une créance sur l’État, imputable sur l’impôt des trois années suivantes, puis remboursée à l’issue de ce délai.

Sauf que certaines entreprises n’ont pas à patienter trois ans. Le remboursement immédiat est ouvert, notamment, aux :

  • PME au sens du droit de l’Union européenne (moins de 250 salariés, seuils de CA/bilan) ;
  • jeunes entreprises innovantes (JEI) ;
  • entreprises nouvelles (sous conditions) ;
  • entreprises en difficulté (procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation).

Ces entreprises demandent la restitution via le formulaire 2573-SD (« Suivi des créances et demande de remboursement de crédits d’impôt »). Dans notre exemple, la PME logicielle récupère sans attendre la part de ses 38 100 € qui excède son IS. C’est un levier de trésorerie majeur, en particulier pour une JEI — un statut que l’on détaille dans notre guide de la jeune entreprise innovante.

Corriger, oublier ou réclamer : rectificative et déclaration tardive

Vous avez transmis votre 2069-A-SD, puis repéré une erreur ? Ou vous avez tout bonnement oublié de déclarer un CIR ? Rien n’est perdu.

  • Rectifier une déclaration déjà déposée : vous pouvez transmettre une déclaration rectificative (nouvelle liasse corrigée) tant que le délai n’est pas expiré. Utile pour ajouter une dépense oubliée ou corriger une assiette.
  • Réparer un CIR oublié : l’entreprise qui n’a pas déclaré son crédit peut le réclamer par voie de réclamation contentieuse, dans le délai spécial de réclamation de l’article R*196-1 du LPF.

Le principe à retenir est celui du délai de réclamation de l’article R*196-1 du LPF : c’est lui qui fixe la fenêtre pendant laquelle un CIR omis peut encore être réclamé. En cas de doute sur le calcul exact de ce délai pour votre situation, un cabinet spécialisé CIR sécurise la réclamation avant son expiration — un CIR réclamé hors délai est définitivement perdu.

Ce qui change pour la déclaration 2026

Parce qu’un guide de remplissage périmé est un guide dangereux, voici les points de vigilance de fraîcheur, issus de la loi de finances pour 2025 :

  • Forfait de fonctionnement : le taux assis sur les dépenses de personnel est passé de 43 % à 40 % (dépenses exposées à compter du 15 février 2025). Le second forfait — 75 % des dotations aux amortissements — reste inchangé.
  • Jeune docteur : le régime de faveur (doublement des dépenses de personnel pendant 24 mois et forfait de fonctionnement à 200 %) est supprimé pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025. Le docteur reste un personnel de R&D éligible, au taux de droit commun.
  • Frais de brevets et veille technologique : ces postes restent éligibles. La veille technologique demeure retenue dans la limite de 60 000 € par an.
  • Frais de normalisation et de dessins et modèles : toujours dans l’assiette.

On réactualise ce guide à chaque loi de finances — c’est le prix de l’exactitude.

Les erreurs de remplissage qui déclenchent un contrôle

Le CIR fait partie des crédits les plus contrôlés. Beaucoup de vérifications démarrent sur une incohérence dans le formulaire, pas sur le fond scientifique. La checklist des pièges à éviter :

  • Assiette financière qui ne colle pas au dossier technique : le 2069-A-SD annonce 3 ETP de recherche, le dossier justificatif en décrit un seul. Recoupement immédiat.
  • Sous-traitant non agréé : la dépense est rejetée, et le réflexe de contrôle est enclenché sur le reste.
  • Subventions non déduites : oublier de retrancher une aide publique de l’assiette est un motif de redressement quasi mécanique.
  • Double comptage : une même dépense portée à la fois en personnel et en sous-traitance, ou en amortissement et en fonctionnement réel.
  • Taux de fonctionnement erroné : appliquer 43 % là où la loi impose désormais 40 %.
  • Personnel non éligible : intégrer des fonctions support faute de feuilles de temps.

La parade tient en une phrase : le formulaire et le dossier technique doivent raconter exactement la même histoire, chiffres à l’appui. Notre page méthodologie explique comment nous sécurisons chaque montant avant dépôt.

Vous voulez un chiffre fiable avant de remplir ? Lancez le simulateur de CIR, puis, si votre dossier dépasse le cas simple (sous-traitance, groupe, CII), faites-le relire par un cabinet CIR. Mieux vaut vingt minutes de vérification qu’un redressement trois ans plus tard.

Et le CII sur le même imprimé

Si vous êtes une PME et que vous concevez des prototypes ou des installations pilotes de produits nouveaux, en aval de la R&D, vous pouvez relever du crédit d’impôt innovation (CII) — un dispositif distinct du CIR, mais déclaré dans une section dédiée du même 2069-A-SD.

Les paramètres à connaître, à jour de la loi de finances en vigueur :

Paramètre CIIValeur
BénéficiairesPME au sens du droit de l’Union européenne
Taux en métropole20 %
Taux dans les DOM60 %
Plafond de dépenses400 000 € par an
Crédit maximal (métropole)80 000 € par an
Échéance du dispositifProrogé jusqu’au 31 décembre 2027

Des taux spécifiques peuvent s’appliquer en Corse : reportez-vous au BOFiP pour le détail. On développe l’ensemble du dispositif — assiette, articulation avec le CIR, cumul — sur notre page crédit d’impôt innovation.

Sources

Toutes les règles chiffrées de ce guide sont rattachées aux sources officielles ci-dessous. En matière fiscale, vérifiez toujours la version en vigueur à la date de votre déclaration.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Comment remplir le formulaire 2069-A-SD ?
On renseigne l'en-tête (identité, SIREN, activité), puis les dépenses de recherche par nature : personnel de R&D, dotations aux amortissements, frais de fonctionnement au forfait (40 % des dépenses de personnel + 75 % des amortissements), sous-traitance agréée et postes annexes le cas échéant. On déduit les subventions publiques, on additionne pour obtenir l'assiette, puis on applique 30 %. La notice 2069-A-NOT-SD donne la définition exacte de chaque rubrique du millésime.
Qui doit remplir le formulaire 2069-A-SD ?
Toute entreprise industrielle, commerciale ou agricole imposée au bénéfice réel (IS ou IR) qui engage des dépenses de recherche éligibles, quelle que soit sa forme juridique. Les entreprises exonérées d'impôt à ce titre (JEI, entreprises nouvelles) le déposent aussi, leur CIR devenant une créance remboursable.
Quelle est la date limite de dépôt du 2069-A-SD ?
Elle suit celle de la déclaration de résultat : pour une clôture au 31 décembre, l'échéance de printemps de la campagne pour une entreprise à l'IS (avec le relevé de solde d'IS peu après), et l'échéance de la campagne de déclaration des revenus pour une entreprise à l'IR. En cas d'exercice décalé, le dépôt intervient dans les trois mois de la clôture. Vérifiez les dates exactes du calendrier DGFiP de la campagne en cours.
Où trouver et télécharger le formulaire 2069-A-SD ?
Gratuitement sur impots.gouv.fr, rubrique « Recherche de formulaires », avec sa notice 2069-A-NOT-SD. Plusieurs millésimes sont mis à disposition en parallèle : choisissez celui de l'année de dépôt.
Comment être sûr d'utiliser le bon millésime du 2069-A-SD ?
Le 2069-A-SD est une déclaration Cerfa dont le numéro et le suffixe de millésime figurent sur le PDF officiel publié sur impots.gouv.fr. Vérifiez toujours le millésime affiché avant de remplir, car les règles évoluent d'une loi de finances à l'autre et un vieux PDF peut contenir un taux ou un poste périmé.
Quelle différence entre le 2069-A-SD et le 2069-RCI-SD ?
Le 2069-A-SD calcule le crédit d'impôt recherche (détail des dépenses, assiette, taux). Le 2069-RCI-SD est le récapitulatif des réductions et crédits d'impôt : on y reporte le montant obtenu, avant imputation sur l'impôt via le relevé de solde. L'un détaille, l'autre synthétise.
Le formulaire 2069-A-SD est-il obligatoire ?
Oui. Sans dépôt du 2069-A-SD (télédéclaré avec la liasse), aucun CIR ne peut être imputé ni remboursé, même si les travaux sont éligibles. C'est le support déclaratif attaché à l'article 244 quater B du CGI.
Quelles annexes joindre au 2069-A-SD ?
Dans la plupart des cas (PME), aucune. Les états annexes 2069-A-1-SD, 2069-A-2-SD et 2069-A-3-SD relèvent d'une obligation d'information renforcée qui concerne surtout les entreprises engageant des dépenses de recherche élevées (nature des travaux, effectifs, part de docteurs, localisation). Vérifiez le seuil applicable dans la notice avant de conclure.
Le crédit d'impôt innovation (CII) se déclare-t-il sur le même formulaire ?
Oui, dans une section dédiée du 2069-A-SD, réservée aux PME au sens du droit de l'Union européenne. Le taux est de 20 % en métropole (60 % dans les DOM), dans la limite de 400 000 € de dépenses par an, pour un dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2027.
Comment reporter le CIR sur la liasse fiscale et le relevé de solde ?
Le montant calculé sur le 2069-A-SD se reporte sur le 2069-RCI-SD (récapitulatif), puis s'impute sur l'impôt : via le relevé de solde 2572-SD pour une société à l'IS, via la 2042-C-PRO pour un entrepreneur à l'IR. Dans un groupe intégré, la société mère centralise sur le 2058-CG.
Peut-on corriger une déclaration 2069-A-SD déjà envoyée ?
Oui, par une déclaration rectificative (liasse corrigée) tant que le délai n'est pas expiré, ou par voie de réclamation contentieuse pour un CIR omis. C'est le moyen d'ajouter une dépense oubliée ou de corriger une assiette erronée.
Comment déclarer un CIR oublié ou déposer une déclaration tardive ?
Par réclamation contentieuse, dans le délai spécial de l'article R*196-1 du LPF. Le CIR omis peut alors être réclamé après coup, tant que le délai n'est pas dépassé. Passé ce délai, le crédit est définitivement perdu : mieux vaut agir vite et, au besoin, se faire accompagner.
Comment se faire rembourser le CIR immédiatement ?
Via le formulaire 2573-SD, réservé notamment aux PME au sens communautaire, aux JEI, aux entreprises nouvelles et aux entreprises en difficulté. Ces structures n'attendent pas le délai de trois ans : l'excédent de crédit non imputé leur est restitué sans attendre.
Comment déclarer le CIR dans un groupe de sociétés ?
Chaque filiale calcule son CIR sur son propre 2069-A-SD. La société mère du groupe fiscalement intégré agrège l'ensemble via le 2058-CG et procède à l'imputation ou à la demande de remboursement au niveau du résultat d'ensemble.
Le régime « jeune docteur » s'applique-t-il encore en 2026 ?
Non. La loi de finances pour 2025 a supprimé, pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025, le régime de faveur du jeune docteur (dépenses de personnel comptées pour le double pendant 24 mois et forfait de fonctionnement à 200 %). Le docteur reste un personnel de R&D éligible, mais au taux de droit commun, avec le forfait de fonctionnement de 40 %.
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